Taxe de séjour : un ras-le-bol face à la multiplication des hausses
L’Umih, aux côtés du Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC), a adressé un courrier aux parlementaires pour dénoncer la quinzaine d'amendements visant à augmenter ou créer de nouvelles taxes sur l'hébergement touristique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la collecte globale de la taxe de séjour a déjà explosé, passant de 238 millions d'euros en 2012 à 845 millions en 2022, soit une augmentation vertigineuse de 255% en dix ans.
Le danger du barème proportionnel
Parmi les idées combattues, celle proposant l'instauration d'un barème proportionnel. L'UMIH rappelle que les hébergements classés bénéficient déjà d'un tarif progressif lié à leur nombre d'étoiles, reconnaissance de leurs engagements en matière de qualité et de respect des normes. Introduire un tarif proportionnel pour tous affaiblirait l'intérêt économique du classement et dissuaderait les opérateurs d'engager ces démarches coûteuses, au détriment de la qualité globale de l'offre touristique française.
Au-delà de la compétitivité, l'UMIH a soulèvé un argument social majeur : 70% des nuitées sont réalisées par des Français, et 18 millions de nos concitoyens ne partent jamais ou très rarement en vacances pour des raisons financières. Augmenter la taxe de séjour reviendrait à éloigner davantage les catégories modestes des vacances, dans un contexte où le pouvoir d'achat est déjà sous tension.
TVA en restauration : 98% du secteur menacé
L'UMIH a déployé une stratégie similaire contre des amendements sur la TVA en restauration présentés comme favorisant la qualité et le "fait maison", mais dont les effets seraient exactement inverses.
Les amendements proposaient de réserver un taux réduit de TVA de 5,5% aux seuls établissements titulaires du titre de "maître restaurateur". Les autres amendements proposaient des variables mais dans tous les cas, seuls 3 000 établissements sur 180 000 restaurants traditionnels (moins de 2% du secteur) bénéficieraient du taux avantageux, tandis que plus de 98% verraient leur TVA stagner ou augmenter. Le paradoxe des restaurants gastronomiques exclus
L'UMIH a pointé une aberration : de nombreux établissements pratiquent le "fait maison" sans détenir le titre administratif de maître restaurateur, notamment les restaurants gastronomiques étoilés qui se retrouveraient exclus du dispositif censé encourager la qualité.
Pour l'UMIH, il y a "urgence à arrêter de ponctionner systématiquement les hôteliers et restaurateurs pour boucler les budgets des collectivités locales", d’autant plus que les amendements avaient été déposés sans aucune concertation avec les professionnels et sans aucune étude d'impact.